homeFrenchGermanItalian
Recherche 
Tunisie
December 9th, 2009

Taoufik Ben Brik appelle à l'aide: "Faites-moi sortir de là".

9 décembre 2009

« Le harcèlement à l’égard de Taoufik Ben Brik se poursuit. Aujourd’hui, sa femme a été interdite de visite. A la veille de la Journée internationale des droits de l’homme, le gouvernement tunisien est incapable de faire preuve de générosité. Cet acharnement à faire payer au journaliste sa liberté de ton est révoltant », a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

Taoufik Ben Brik est malade. Il souffre au fond de sa cellule, mais visiblement cela ne suffit pas pour les autorités tunisiennes. On veut en plus le priver de son droit à voir sa femme et ses avocats. Nous sommes très inquiets pour lui », a-t-il ajouté.

Condamné à six mois de prison ferme pour une prétendue agression, transféré à la prison de Siliana, à plus de 130 km de Tunis, Taoufik Ben Brik, n’a pas été autorité à voir sa femme, le 9 décembre 2009.

En revanche, sa sœur et l’un de ses frères ont pu s’entretenir avec lui dix minutes. « On veut ma mort à petit feu. Faites-moi sortir de là », leur a-t-il confié.

Taoufik Ben Brik souffre de diarrhée chronique, d’urticaire et de symptômes grippaux. Il est également atteint du syndrome de Cushing, maladie dégénérative des défenses immunitaires. Son état de santé nécessite un suivi médical régulier.

29 novembre 2009

Reporters sans frontières a appris, le 29 novembre 2009, que Taoufik Ben Brik était désormais détenu à la prison de Siliana, à environ 200 km de son domicile de Tunis.

"Cette mesure n'a pour seul but que de rendre encore plus difficile la vie de Taoufik et de sa famille. Pourquoi le transférer dans cette prison si éloignée ? Sa femme, ses enfants et ses avocats vont avoir toute les peines du monde à lui rendre visite. Les autorités tunisiennes sont décidément prêtes à toutes les injustices. Après avoir condamné Taoufik Ben Brik sans raison, la justice lui impose des conditions d'éloignement injustifiées. C'est vraiment révoltant", a déclaré Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

"En plus, les autorités ont attendu 10 jours, depuis l'audience du 19 novembre, pour informer sa famille de cette mesure. Là encore, ce harcèlement est insupportable. Depuis des jours déjà, des dizaines de policiers sont postés en permanence devant le domicile de Taoufik Ben Brik. Ses deux enfants sont terrorisés. Les diplomaties occidentales, à commencer par la France, doivent s'assurer que la famille de Taoufik Ben Brik ne risque rien. Le journaliste a collaboré pendant plusieurs années avec des médias français. Il serait temps de lui montrer plus de solidarité", a ajouté le secrétaire général.

Azza Zarrad, l'épouse de Taoufik Ben Brik, a déclaré en fin de journée : "A l’instant même, je viens d’apprendre par un simple coup de téléphone que mon mari a été transféré à plus de 200 km, loin de sa famille, dans la prison civile de Siliana. L’administration pénitentiaire a donc mis 11 jours pour m’informer du lieu exact où se trouve mon mari. Cette décision a été prise pour rendre difficile la visite de ses avocats et sa famille. (…) Quelqu’un frappe à ma porte, il se présente en tant que le commissaire de police d’Al-Manar. N’ayant pas confiance et de peur d’être tabassée, je refuse d’ouvrir la porte et j’exige un document officiel. Le commissaire se met à blasphémer et m’insulter. Mes enfants et ma mère sont terrorisés."

Taoufik Ben Brik, journaliste tunisien, a été condamné, le 26 novembre, à six mois de prison ferme, pour une prétendue agression.

 

19 novembre 2009

Procès de Taoufik Ben Brik : Verdict le 26 novembre, La France défend-elle encore les droits de l’homme ?

Alors que les agresseurs du journaliste Slim Boukhdhir courent toujours, le procès pour “agression“ de Taoufik Ben Brik s’est ouvert aujourd’hui, jeudi 19 novembre 2009, au palais de justice de Tunis. Après deux heures de plaidoiries, le juge a repoussé le verdict au 26 novembre.

« Il est absolument scandaleux qu’aucun représentant des chancelleries européennes n’ait daigné être présent aujourd’hui au procès. Certes, le ministre belge des Affaires étrangères a réagi clairement et courageusement, tandis que Bernard Kouchner se limitait à des déclarations timides. Mais la présence de diplomates aurait constitué un geste fort pour signifier aux autorités tunisiennes que la communauté internationale est attentive », s’est indigné Jean-François Julliard, secrétaire général de Reporters sans frontières.

« J’accuse la police politique. C’est Ben Ali et ses services spéciaux qui ont monté cette scène, parce que j’ai fait une fausse interview de Ben Ali », a vivement protesté Taoufik Ben Brik lors de l’audience. Interrogé par le juge sur ses “aveux“, le journaliste a répondu : « Non, ce n’est pas moi, c’est une autre signature. Mes avocats ont d’ailleurs porté plainte pour faux. Dans cette affaire, je suis l’otage de Ben Ali. »

Une délégation d’observateurs internationaux, composée de la députée européenne, Hélène Flautre, de Jean-François Julliard, et de l’avocat William Bourdon du Barreau de Paris, a pu entrer dans le palais de justice. Trois membres de la famille de Taoufik Ben Brik ont également pu assister au procès.

Toutefois, les journalistes tunisiens et les militants des droits de l’homme, dont Sihem Ben Sedrine, ont été refoulés à l’entrée. Une équipe de télévision de France 3 s’est également vu interdire l’accès au tribunal, alors même que les journalistes s’étaient enregistrés auprès de l’ATCE, Agence tunisienne de communication extérieure.

Arrêté le 29 octobre 2009 pour une affaire montée de toutes pièces, Taoufik Ben Brik a été placé sous mandat de dépôt pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“. Il risque jusqu’à cinq ans de prison ferme. Par ce procès, les autorités tunisiennes lui font payer ses articles pour le Nouvel Observateur et le site Mediapart. Lire précédents communiqués

Par ailleurs, les journalistes de l’hebdomadaire d’opposition Al-Maoukif ont été empêchés par la police d’entrer dans les locaux de leur rédaction à Tunis. « C’est la première fois depuis la création du journal, en 1984, qu’on ne peut pas entrer dans nos bureaux. C’est du jamais vu ! », a déclaré Rachid Khechana, le directeur de publication, à Reporters sans frontières. « Ils doivent avoir peur que les représentants de Reporters sans frontières et Hélène Flautre ne tiennent un point presse à la rédaction à l’issue du procès. »

Même procédé pour le journal Al-Tariq Al-Jadid (La nouvelle voie) du parti Ettajdid : deux journalistes ont pu entrer tôt ce matin à la rédaction, mais ils ont été avertis par des policiers que s’ils sortaient, ils ne pourraient plus entrer dans les locaux. Les autres journalistes ont été empêchés d’entrer par un cordon de police qui bloque l’entrée du bâtiment.

 

9 novembre 2009

Le journaliste Taoufik Ben Brik fête ses 49 ans aujourd’hui en prison.

« C’est le premier anniversaire que Taoufik ne passe pas avec nous. Cette situation nous attriste beaucoup, notamment les enfants », a déclaré, très émue, Azza Zarrad, la femme de Taoufik Ben Brik, à Reporters sans frontières. « Son avocat a pu lui rendre visite aujourd’hui à la prison de Mornaguia. Il est comme un lion en cage. Nous refusons ce procès de droit commun. S’il gêne, Taoufik doit avec un procès politique, pas le procès d’un vulgaire criminel. Mais je sais qu’il ne pourra jamais survivre à la prison », a-t-elle ajouté.

« Le cœur n'est pas à la fête pour la famille et les collègues du journaliste indépendant Taoufik Ben Brik qui va aujourd'hui fêter ses 49 ans, isolé dans une cellule d’une prison de la banlieue de Tunis. Rien n'y fait, les autorités tunisiennes s'obstinent à traiter Taoufik Ben Brik comme un criminel après avoir monté de toutes pièces une affaire d'agression, et sans prendre en compte son état de santé inquiétant », a déclaré Jean-François Julliard.

Ce 9 novembre 2009, Taoufik Ben Brik a 49 ans. Il s’était présenté le 29 octobre 2009 au commissariat, suite à une convocation pour la prétendue agression d’une femme dans la rue la semaine précédente. Le 30 octobre, le procureur de la République de Tunis a ordonné son placement sous mandat de dépôt, pour “atteinte aux bonnes mœurs“, “diffamation“, “agression“ et “détérioration des biens d’autrui“. Il risque jusqu’à cinq ans de prison ferme. Les autorités lui font ainsi payer ses articles pour les médias français (Nouvel Observateur et Mediapart). Son procès devrait commencer le 19 novembre. Taoufik Ben Brik est atteint du syndrome de Cushing, maladie chronique qui lui ôte toute immunité.

« L'obstination des autorités à punir ceux qui ont joué leur rôle de journalistes avant et pendant les élections controversées d'octobre dernier s'abat également sur notre collègue Slim Boukhdhir. Depuis près d'une semaine, son domicile est encerclé par des dizaines de policiers. Ce siège a pris un tournant inquiétant le 7 novembre, lorsque la police a interdit aux proches du journaliste, pendant plus de 36 heures, de venir lui rendre visite pour lui apporter les produits de première nécessité. Nous appelons à la levée totale de l'état de siège autour du domicile de Slim Boukhdhir qui a été violemment agressé juste après l’élection présidentielle », a ajouté l'organisation.

Le 7 novembre dans l’après-midi, les policiers, situés autour du domicile de Slim Boukhdhir à Tunis, ont interdit l’accès du domicile à toute personne qui venait rendre visite à la famille. La pression a été partiellement levée le 9 novembre au matin, avec l’autorisation à nouveau de visites pour le couple, qui a été privé de nourriture et de médicaments pendant plus de trente-six heures.

« Je suis en convalescence et ma fille de trois ans et demi est malade, mais les policiers ne laissaient pas mes amis venir me voir pour m'apporter de l'eau, de la nourriture et des médicaments. Hier, ils étaient une trentaine de policiers en civil et en tenue qui interdisaient l'entrée de ma maison. J’étais coupé du monde. Et pour la première fois, ils ont même installé des barrières en fer dans la rue. Mon épouse a peur de ce qui pourrait nous arriver, et ma fille est malade en raison du stress qui touche toute notre famille », a expliqué le journaliste à Reporters sans frontières, depuis son domicile.

Par ailleurs, Slim Boukhdhir reçoit, la nuit, des appels anonymes provenant de numéros tunisiens et la propriétaire de son logement vient de lui signifier qu'il devait quitter les lieux dans les meilleurs délais.

top