
Un jour, un président qui intime publiquement à une journaliste l’ordre de se taire en la traitant de “boudin”. Un autre, une presse privée qui crie à la “dictature”. Un peu plus tard, une chaîne de grande audience qui falsifie une information pour accréditer l’idée d’une fraude électorale.
En retour, des suspensions d’antennes, des messages présidentiels vengeurs et des condamnations à de la prison ferme contre des éditorialistes souvent agressifs jusqu’à l’injure. Le climat médiatique équatorien est volcanique, depuis que Rafael Correa a pris ses quartiers au palais de Carondelet en janvier 2007. Peu ménagé par une presse privée en situation de quasi-monopole avant son arrivée au pouvoir, le jeune président progressiste au caractère trempé a fait de la communication un défi politique et personnel. Personnel, car le chef de l’État sait utiliser, parfois jusqu’à l’abus, le cadre légal des “cadenas” (messages officiels) pour répliquer à ces journalistes qu’il juge “corrompus et médiocres”. Politique, car c’est sous son impulsion que le projet de loi de communication élaboré dans la controverse entre, ce 7 juin, en seconde lecture à l’Assemblée nationale.
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