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Suisse
September 11th, 2009

Visite d'état du président Dmitri Medvedev en Suisse les 21 et 22 septembre 2009

COMMUNIQUE DE PRESSE (Amnesty International, Reporters sans frontières Suisse, Société pour les peuples menacés) - GE/08.09.2009

La section suisse d'Amnesty International, la Société pour les peuples menacés et Reporters sans frontières Suisse expriment leur consternation que, selon le secrétaire d'Etat Michael Ambühl, le Conseil fédéral évoquera exclusivement des questions relatives à la finance et à l'économie avec le Président russe Dmitri Medvedev lors de sa visite en Suisse en septembre prochain. La crise des droits humains en Russie et surtout dans le Caucase du Nord sera ainsi passée sous silence. Les trois organisations citées demandent que le Conseil fédéral et non une commission d'experts discute avec le Président Medvedev des problèmes liés la situation des droits de l'homme en Russie.
Les activistes des droits de humains sont régulièrement victimes de menaces, d'enlèvements et de meurtres notamment en Tchétchénie, en Ingouchie et au Daguestan. «Le récent enlèvement et l'assassinat de Natalia Estemirova et Zarema Sadulaeva sont seulement la pointe de l'iceberg», estime Franziska Stocker, responsable communication de la Société pour les peuples menacés. «Le Conseil fédéral doit davantage prendre en considération la protection des vies humaines que les intérêts économiques et doit exprimer précisément face au Président russe son inquiétude du non respect des droits de l'homme qui persiste en Russie au même titre que l'impunité.»
Pour Daniel Graf, porte-parole d'Amnesty International, «une visite d'Etat sans questions critiques de la part du Conseil fédéral au vu de la situation dramatique des droits humains en Russie, est inacceptable. Il est en plus à craindre que la police suisse encadrera massivement la liberté d'expression et de manifestation, comme ce fut le cas lors de la visite d'Etat du premier ministre chinois Wen Jiabao, en janvier 2009.»
Reporters sans frontières Suisse rappelle les assassinats de plusieurs journalistes dans la Fédération de Russie et exige que ces crimes soient élucidés et les coupables mis sous les verrous. «Nous demandons au Président Medvedev qu'il s'engage à rétablir la liberté de la presse en Russie. Les journalistes d'opposition sont empêchés de travailler librement et soumis à de fortes pressions», dit la présidente de RSF Suisse, Thérèse Obrecht Hodler, ancienne correspondante en Russie de la TSR.
La Suisse risque aussi de perdre sa crédibilité sur la scène internationale. D'autant qu'elle assumera, dès la mi-novembre 2009, la présidence du Conseil de l'Europe pour six mois. Or, la Conseillère fédérale Micheline Calmy-Rey a indiqué que pendant la présidence suisse la protection des droits humains ainsi que la promotion de la démocratie et de l'Etat de droit seront primordiaux.
Pour sa part, la Conseillère fédérale Eveline Widmer-Schlumpf avait évoqué, en mai dernier, une conférence ministérielle pour la réforme de la Cour européenne des Droits de l'homme. Le but de cette réforme est, entre autres, le renforcement de la lutte contre les violations des droits humains par les Etats ainsi que l'amélioration des possibilités de plainte. A cet effet, les procédures devraient être simplifiées et accélérées. Les plaintes venant de Russie sont d'ailleurs la principale cause de la surcharge des juges à Strasbourg. Aucun autre pays n'est accusé plus souvent de violations des droits de l'homme et aucun autre membre du Conseil de l'Europe n'est condamné aussi souvent que la Russie.

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