REPORTER SANS FRONTIERES section Suisse

3 Mai 2009: journée internationale de la liberté de la presse

RSF alerte sur les difficultés croissantes que rencontrent les journalistes dans la couverture des guerres

En quinze ans, près de 600 journalistes ont été tués au cours de reportages en zones de conflit armé. Cela représente presque les deux tiers (61%) des journalistes tués sur la planète.

À l'occasion du 3 mai 2009, Journée internationale de la liberté de la presse, Reporters sans frontières alerte sur les difficultés croissantes que rencontrent les journalistes dans la couverture des guerres.

Les médias ont de plus en plus de difficultés à couvrir les guerres. Les journalistes sont pris en étau entre les violences ciblées des militaires ou des milices et le contrôle toujours plus strict exercé par les armées sur l’information. Et c’est le public qui en pâtit, mal informé sur les conflits en cours. Qui sait réellement ce qui se passe aujourd’hui en Somalie ou au Sri Lanka ?

En six ans, deux fois plus de journalistes ont été tués en Irak qu’en 20 années de combats au Viêt-nam. Plus aucun conflit ne se déroule sans qu’il n’y ait des victimes parmi les reporters. Est-ce le prix qu’il faut désormais payer pour que le monde continue d’être informé des guerres qui l’agitent ?

Le récent conflit à Gaza a rappelé qu’en plus de la violence, d’autres moyens sont employés pour empêcher les journalistes de faire leur travail. La fermeture de la bande de Gaza à la presse étrangère pendant l’opération israélienne « Plomb durci », en janvier 2009, a privé le public d’une information essentielle à la bonne compréhension des événements. Certes, des centaines de journalistes palestiniens ont poursuivi leur travail. Mais la présence de journalistes étrangers aurait permis de proposer au public une couverture plus complète et plus indépendante.

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, conflits armés et guerres civiles sont de plus en plus meurtriers. Six guerres ont été particulièrement sanglantes pour la presse :

- Irak (2003-2009) : 225 journalistes et collaborateurs des médias tués
- Viêt-nam (1955-1975) : 102
- Guatemala (1960-1996) : 89
- Algérie (1991-1996) : 77
- Ex-Yougoslavie (1991-1995) : 49
- Rwanda (génocide de 1994) : 48

Pour renforcer la protection des journalistes en zones de conflit, Reporters sans frontières a fait adopter par le Conseil de sécurité des Nations Unies, en décembre 2006, la résolution 1738 qui « condamne les attaques délibérément perpétrées contre des journalistes en période de conflit armé ». Mais cette résolution est bien peu respectée par les Etats signataires.

Que fait Reporters sans frontières pour aider les journalistes qui se rendent dans les zones de conflit armé ? L’organisation met à leur disposition un « paquetage sécurité ». Cet équipement est composé d’un gilet pare-balles, d’un casque, d’une trousse de secours et d’une balise de détresse. Reporters sans frontières est également partenaire des stages de sensibilisation au travail en zone périlleuse, organisés par le ministère français de la Défense.Par ailleurs, Reporters sans frontières et l'assureur Audiens ont mis en place un dispositif d’assurances à tarif préférentiel destiné aux journalistes indépendants.

Enfin, l’organisation propose, grâce au soutien d’American Express, une hotline réservée aux journalistes en danger et accessible 24h/24 dans le monde entier : +33 1 4777 7414.

Rapport mondial 2009
L’organisation dresse le bilan de la situation de la liberté de la presse dans 98 pays.
Vous pouvez télécharger pays par pays